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The same spot ! [Luke&Zéphyr]

Zéphyr J. Vinci
HybridHybrid
(#MessageSujet: The same spot ! [Luke&Zéphyr]   Mer 15 Oct - 23:02

Luke C. O'Hagan

&
Zéphyr J. Vinci




❝Smoke with me ! ❞


La solitude s'éprend lentement de mon petit être recroquevillé sur mon lit. Je serre mon oreiller contre moi, et mes yeux, las de ne voir que ces murs blancs oppressants se perdent dans un regard chagriné et mélancolique. Ils voguent sur ma petite cuisine vide, font le tour de cet habitat. La désolation qu'il ne suffit qu'un simple regard furtif pour en faire le tour tiraille mon âme rongée de vieux souvenirs qui se débattent lamentablement contre ma raison s'émiettant sur le corrosif de mes souffrances retenues. J'expire cet agacement et je lâche l'étreinte pour allonger mon corps, mes jambes dépassent ce lit inconfortable, et ma main se dépose au dessus d'un regard qui semble à jamais submergé par la réalité. Je sors avec nonchalance une cigarette, et j'entame cette occupation habituelle. La fumée s'envole et je la regarde planer dans ces élans de flottements presque gracieux. La lumière du jour s'éteint et, bientôt, le crépuscule s'immisce dans cette pièce unique. Le soleil chauffe et aveugle le coin de mon œil alors que l'ennui bouillonne en mon être fatigué d'avoir comme seul conversation le silence dominant mon isolement. Alors je me demande quoi faire, coincé dans un dilemme opposant solitude et haine. Une pensée de rencontre et, même plus, défigure mes lèvres dans un rictus désagréable. Parfois il me semble que mon existence est trop souffrante, ou trop maudite, pour se réchauffer d'un contact humain plus fort qu'un frôlement égaré et maladroit de quelques passants insouciants. Le temps s'écoule et mon humeur s'échine au rythme des grains de sables qui viennent rejoindre la masse, je me sens comme bloqué entre cet écoulement et ce tas de sable anodin. Refusant de m'y mêler mais incapable de rester en l'air assez longtemps pour survivre. Je fais partie d'un tout et ça m'attriste de ne pouvoir m'extirper de cette condition, de cette obligation humaine. Je maudis alors à nouveau ces deux sangs qui coulent en moi, j'exècre encore et toujours plus ce mélange dont je suis issu. Et au final, il ne me fallait que cette colère, ce froncement de sourcil qui pousse à une décision sanguine.

J'écrase alors avec plus de virulence ce mégot dans mon cendrier débordant. La cendre grise tâche mon meuble de bois peint mais je n'y fais plus attention désormais. J'agrippe une veste pour la vêtir par dessus ma chemise noire, et j'enfile mes bottines pour fuir cet endroit trop fermé. J'attrape au vol mes désirs de liberté, et je les symbolise sur un petit cahier pour gribouiller. Habitude qui défie toute raison, une autre cigarette vient s'attacher entre mes lèvres tandis que mes pas m'amènent hors de mon vieil immeuble. Je n'ai pas très long à faire pour aller au centre-ville, rejoindre cette masse nocturne, souriante avec des airs de bonheurs aggravés sur les notes alcoolisées des effluves festives. Ce spectacle me débecte, et alors je réalise sans vouloir y prêter attention qu'il m'arrive de bénir ce mélange de sang qui me construit. Il m'arrive de me voir vampire, ou humain, et de me haïr encore plus que je ne peux oser le faire en étant un peu des deux. Cette idée me réconforte, du moins, elle me permet d'avoir une once d'espérance qui surligne l'unique avantage. Le clope se consume et j'avance, je ne connais pas encore bien le coin alors je divague au milieu des rues cherchant un coin vide de vie. Je ne veux personne autour de moi, personne pour regarder ce que je fais, personne pour croire que j'existe réellement.

Mon chemin me dérive vers un rebord où le monde semble paisible. Je ne vois personne et je peux aisément me poser contre la barrière. Mes pupilles rouges se lèvent et le Soleil disparaît presque derrière les buildings qu'on peut apercevoir au loin. Je ferme un instant les yeux pour laisser la brise nocturne caresser pour visage et laisser mes cheveux longs virevolter selon les désirs du vent. Je trouve l'endroit parfait pour relâcher cette pression qui m'accable, ce malaise d'existence et cette haine omniprésente. Je trouve parfois qu'il est bien difficile de devoir vivre, et j'extériorise dans un début de dessin. Quelques traits de paysages sur mes pages blanches et le monde semble se figer sur mon papier. Un léger sourire s'ouvre alors, et je m'enferme avec plaisir dans ce monde imagé que mes mains modélisent. Je me sens soudainement bien, le calme revient et c'est comme si mon âme se trouvait plus apaisée. Ce n'était pourtant pas grand chose, mais c'était ce qui me suffisait. Je relève la tête, presque fier et content alors que des pas silencieux troublent d'abord ma concentration. Mon regard se détourne discrètement et c'est une silhouette masculine qui s'approche. Je supporte ce partage du silence, et l'appareil photo qu'il tient me donne déjà les raisons de sa venue. Je ne m'en plains pas, et je trouve mieux à cet inconnu un certain goût puisqu'il choisit le même lieu que moi.

Je décide de prendre une pause sur mes coups de crayons et mes mains farfouillent mes poches à la recherche de mes clopes. L'angoisse d'avoir perdu ce bien précieux se montre légèrement et je me revois quitter mon appartement, prendre une clope, reposer le paquet, prendre mes clés et fuir l'oppression. Je grogne un peu face à mon oubli stupide et le désespoir s'apprête à frapper à ma porte lorsque de la fumée s'éclipse des lèvres de l'inconnu mystérieux. C'est ma chance, et je me devais de la tenter. Mon corps se lève et je m'approche. Je n'ose pas le déranger, sachant comment, moi, je réagirais. Je le laisse prendre sa photo et, naturellement, je m'essaye au social.


« C'est un bel endroit, n'est-ce pas ? »


Je force un sourire comme un véritable comédien et je me permets de le détailler un peu plus, restant toujours sur des détails flous.

« Excusez-moi, mais je peux vous demander une cigarette ? »

La politesse s'arme d'une vieille noblesse déchue qui ont forgés quelques habitudes chez moi. Je pose mes yeux sur son regard et bien qu'il faut souffrir pour être artiste, je trouve qu'il en possède bien trop. Il me ressemble un peu me dis-je, puis non, ouais, non, comment le pourrait-il ? Après tout, je ne suis même pas humain...

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Dernière édition par Zéphyr J. Vinci le Ven 17 Oct - 1:51, édité 1 fois
Luke C. O'Hagan
GuardianGuardian
(#MessageSujet: Re: The same spot ! [Luke&Zéphyr]   Jeu 16 Oct - 12:40





The same spot !

Luke
Zéphyr




Les mains enfoncées dans les poches de son jeans sombre, Luke réfléchissait, une cigarette se consumait lentement entre ses lèvres serrées. À quoi pensait-il ? Au fait que, ces derniers temps, il L'avait vu passer de nombreuses fois devant lui. Il avait pu sentir Son souffle glacial et la terreur qui venait après s'être rendu compte qu'il était encore en vie. La Mort était bien joueuse avec le pauvre petit guardian. Son souvenir le plus récent de son entrevue avec Cette dernière, c'était le soir où un vampire l'avait sauvé d'un hunter. Un milicien, roux et étrangement amical avec lui. Luke grinça des dents en se rappelant qu'il l'avait même sauvé à son tour, et fait entrer dans sa maison. Quelle mouche l'avait piqué pour qu'il commette pareille aberration ? Il prit une longue bouffée sur sa cigarette, et le petit nuage de fumée blanc s'évapora lentement dans les airs, un peu comme ses principes de guardian. Il avait piétiné ses idéaux pour une belle gueule rousse, qui plus est vampire. Mon dieu Luke, ressaisis-toi !

Il s'administra une baffe mentale et fixa le couché de soleil. C'était beau, toutes ces couleurs qui disparaissaient lentement dans le ciel, pour ne former plus qu'un voile nocturne décoré de jolies étoiles.. Le soir était bien le moment préféré de Luke. L'orange, le rose, le bleu.. Le ciel était un peu comme une palette de peinture débordant de nuances choisies par un peintre. C'était beau, vraiment.. Surtout que, comme le noiraud venait de quitter son travail de photographe, il portait un de ses nombreux appareil photo autour du cou. Quelle chance ! Il s'approcha un peu d'une barrière, pensant que depuis cet endroit-là, il aurait une meilleure vue, et son instinct ne le trompa pas. Le soleil se cachait petit à petit derrière des buildings.

Luke leva son appareil photo et s'entraîna à prendre ce paysage sous plusieurs angles différents, de plus ou moins près. Ce n'était que lors de ces moments-là qu'il pouvait se permettre de faire des bêtises avec son appareil. Il ne devait pas faire d'erreur lors de son travail, sinon il perdrait de ses clients.. Surtout que sa réputation n'était plus à faire. Valait mieux éviter toutes mauvaises notes.

Il remarqua seulement après quelques secondes qu'un autre homme se tenait non loin de lui. Ses cheveux étaient tout aussi noirs que les siens, et Luke prit un petit instant pour le détailler de la tête aux pieds. La voix de cet inconnu résonna alors à ses oreilles, le faisant poser son appareil à sa place initiale ; autour de son cou. Il ne répondit pas à son affirmation, la trouvant un peu inutile. S'il voulait discuter, il valait mieux qu'il aille blablater avec un autre homme que Luke. La véritable raison de son intrusion dans la tranquillité du guardian ne tarda pas à sortir de ses lèvres, étirées en un sourire sonnant étrangement faux ; une cigarette. Le ténébreux haussa les épaules et sortit son paquet de clopes, l'ouvrant avant de lui tendre pour le laisser se servir. Il sortit ensuite son briquet bleu foncé de sa poche, le lui présentant.

- Oui, magnifique vue. Tenez.

Simple, efficace. Luke jeta sa cigarette rendue à l'état de mégot par terre, et l'écrasa du pied avant d'en prendre une nouvelle. Pourri à la fumette ce guardian..

Il remarqua ensuite un cahier, peut-être un calepin, que tenait l'homme en face de lui. C'était bien beau de partager une cigarette sous le couché de soleil, mais Luke ne tenait pas à rester droit comme un piquet toute la soirée. Il se força à entamer une discussion.

- Vous dessinez ?


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Dernière édition par Luke C. O'Hagan le Sam 18 Oct - 20:10, édité 3 fois
Zéphyr J. Vinci
HybridHybrid
(#MessageSujet: Re: The same spot ! [Luke&Zéphyr]   Ven 17 Oct - 5:23

Luke C. O'Hagan

&
Zéphyr J. Vinci




❝Talk with me ! ❞


Et je regarde alors cet homme perdu dans ses pensées et je n'arrive pas à me défaire de son visage. Son regard se perd dans une nonchalance triste et mélancolique alors que je peine à le différencier de ces mêmes yeux que je porte inlassablement sur le monde. Je le détaille plus intimement et au delà de ses airs calmes se ressort une vivacité marquante un physique travaillé. Je l'imagine dans des occupations similaires aux miennes et je me noie dans une similarité troublante. Faisant des raccourcis arrangeant et laissant mon esprit vaguer et vaguer au gré de ses doutes sociaux, je détourne la tête pour ne pas imposer un regard trop oppressant. Mes premiers mots avaient osés, aidés par le manque de nicotine, les autres n'arriveraient pas si aisément. J'attrape alors la cigarette qu'il me tend et j'offre un sourire poli en guise de remerciement malgré le manque de conviction que je peux y mettre. Je n'ai jamais aimé sourire, je parle d'un vrai sourire, quelque chose de franc, de sincère, d'admirable. Ce ne m'était jamais réellement arrivé. Avais-je connu une situation qui l'envisagerait ? Probablement, mais je n'avais du guère reconnaître l'occasion. Je me réjouis néanmoins d'en avoir perdu le souvenir, me disant d'une part que ce n'était pas important, pas aussi important que ces vieux souvenirs torturés qui restent, eux. D'autre part ça me permet de réaliser que je n'ai pas de regrets, et ça souffle un vent positif sur tous mes remords qui submergent le calme de mes nuits. J'allume la cigarette alors que je me laisse partir dans quelques pensées, je ne comptais pas discuter, je partageais un point de vue pour récupérer quelque chose. C'était égoïste, vraiment, mais j'en avais pris l'habitude. Je me haïssais assez pour ne plus relever tous les écarts que je faisais naturellement. Parfois j'aimerais être un exemple de droiture, de rêve, de liberté, et très vite je me rappelle que mes idéaux ne sont pas fait pour quelqu'un comme moi. Que je n'ai pas le droit d'approcher mes propres désirs, mes propres rêves, mon utopie.

L'homme debout sur ma droite m'intrigue. De part cette aura qui émane de lui, de part son appareil photo, son acceptation immédiate d'être aimable. Sur ma route je n'avais eu que discrimination et jugement hâtif. On me regardait, on me haïssait, on me dévisageait. J'ai cultivé ce regard étrange, mes yeux rouges en sont une première preuve, on m'affilie aux vampires parfois, puis d'autres savent, s'en rendent compte du moins. Ce mélange d'idée me place rapidement chez les hybrides et alors on m'évite. Réputé pour être instable, psychotique, et j'en passe, les êtres humains les laissent vivre pour le moment, peut-être un peu peureux de voir ce qu'il se passerait s'ils nous exterminait. Les vampires nous ignorent plus qu'autre chose, certains nous détestent, ce qui nous affaiblie dans les deux camps. Tout ça justifie une partie de ma rancoeur, de ma haine. Je ne me place pas en tant que légitime bras vengeur des opprimés, malgré tout j'aime me dire, parfois, que je n'agis qu'au nom d'une certaine justice.

Ses mots s'élancent dans mes réflexions furtives et rapides, brisant le silence et me ramenant au présent. Je le regarde un instant, ne sachant comment déceler une once de curiosité sincère. Ne pouvant de toute manière différencier un interrogatoire discret à une véritable question, je me contentais de répondre, comme quelqu'un d'autre le ferait.


« Oui. Je fais des croquis pour peindre ensuite, c'est mon métier à vrai dire même. Et vous, la photographie ? »


De nouveau je souris, je rends la politesse. Sachant quoi dire, quoi faire, à force d'observation plus qu'autre chose. Je n'avais pas de véritables amis, pas vraiment de connaissances non plus. Je suis seul, terriblement isolé par ma propre volonté qui, aujourd'hui, se fragilise. Une confiance aveugle se dessine, sans raison apparente, cela pouvait être son regard ressemblant au mien, son attrait pour l'art visuel, le contexte, le moment, le surplus d'agacement face à la solitude. Tant de facteurs probables et possibles qui forment un tout et qui explose entre mes lèvres sur quelques mots.

« Je suis Judas Vinci, enchanté ! »


Je me présente, comme ça, naturellement, et c'est bien le premier signe d'une envie de faire connaissance. Je n'ose dire mon prénom, préférant celui que les Guardians m'ont donnés et qui, au final, sied à merveille. Je me surprends, et plus déstabilisant encore, je me surprends à ne pas me sentir ridicule, à en être réjoui même. Je baisse le regard alors sur cette cigarette si aimablement offerte et j'attends la sentence comme on attend son bourreau. Alors je m'étonne à nouveau, et malgré le fait que le silence soit court, je ne peux m'empêcher de surenchérir, comme si ça enlèverait la gêne, le malaise interne qui ronge mon calme habituel.

« Je peux te montrer d'autres coins à voir si ça t'intéresse ! »


J'ose le tutoiement, supprimant les banalités d'une politesse qui forge la distance. Maladroit, mauvais et inexpérimenté en toutes relations sociales qui soit, je m'aventure vers un inconnu abyssal, espérant être survivant à la fin. Je ne supporte plus d'être seul et alors que j'ai mis un premier pas vers une certaine guérison ma condition raciale d'hybride menace de tout foutre en l'air, et cette idée s'accroche à mon enthousiasme naissant, prêt à exploser pour tout emporter avec elle car au final, je suis bien mon pire ennemi.

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Luke C. O'Hagan
GuardianGuardian
(#MessageSujet: Re: The same spot ! [Luke&Zéphyr]   Sam 18 Oct - 20:27





The same spot !

Luke
Zéphyr




Alors cet homme était peintre ? Luke n'était pas si étonné que ça par la nouvelle, et n'était pas spécialement curieux de voir ses croquis ou même ses peintures. Le guardian n'était, en règle générale, pas quelqu'un d'extrêmement curieux : La curiosité est un très vilain défaut, n'est-ce pas ? Il se contenta d'hocher doucement la tête en l'écoutant, jouant légèrement avec la cigarette que maintenaient son index et son majeur, il la faisait rouler entre ses doigts avant de l'amener à ses lèvres pour prendre une bouffée de fumée nocive. Une chose était certaine concernant les clopes, ce ne seraient certainement pas elles qui tueraient Luke. Le noiraud se plaisait à penser qu'il choisirait le moment de sa mort, où qu'il s'envolerait en héros.

L'homme à sa gauche finit par se présenter, et Luke retint son nom quelque part dans sa tête. Judas Vinci. Judas, comme l'apôtre de Jésus l'ayant trahis par égoïsme ? Le prénom Judas étant tellement assimilé à la traitrise, que le noiraud se demanda s'il faisait bien de faire confiance à ce peintre. Après tout, ce n'était que des récits bibliques, et Luke ne croyait pas vraiment en ce genre de chose.. Alors il lui accorda sa confiance.

- Je m'appelle Luke O'Hagan, enchanté.

Un faible silence finit par se poser entre eux deux. Un silence que le guardian qualifia de reposant. Ils n'avaient pas besoin de parler pour bien s'entendre, les mots semblaient superflus. Luke se laissait aller au calme de l'endroit, et ferma les yeux pour profiter de la légère brise qui venait faire voltiger ses cheveux. C'était une sensation de sérénité plaisante, que le guardian n'avait plus su profiter à cause des vampires… Être sur ses gardes vingt-quatre heure sur vingt-quatre devenait lassant, mais il savait que s'il ne le faisait pas, il deviendrait une cible facile. Et il ne le supporterait pas.

Le prénommé Judas se mit soudainement à le tutoyer, lui demandant s'il voulait voir d'autre lieu du genre.. Luke connaissait Cristalcove comme sa poche, mais n'avait jamais vraiment profité de regarder la beauté de certain lieu. C'était donc tout naturellement qu'il allait accepter sa proposition, le tutoyant pas la même occasion. Judas semblait vouloir sympathiser avec lui, et bien soit..

- Pourquoi pas. Je te suis dans ce cas !

Luke fourra une main dans sa poche, plus précisément la droite, alors qu'il tenait sa cigarette de la gauche. Il plongea son regard anthracite dans celui, étonnement rouge de son interlocuteur. Rouge sang, comme les vampires.. Judas était-il un vampire ? Peut-être était-ce seulement une déviance de l'iris ? Le ténébreux soupira, lassé. Toutes les secondes de sa vie étaient ramenées sans cesse vers le même sujet ; les vampires. Peut-être devrait-il prendre des vacances ?

Evidemment que non. Il ne voulait y penser.

- Où veux-tu aller ?


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Zéphyr J. Vinci
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(#MessageSujet: Re: The same spot ! [Luke&Zéphyr]   Dim 19 Oct - 8:29

Luke C. O'Hagan

&
Zéphyr J. Vinci




❝Talk with me ! ❞


Je suis maladroit face aux gens. Ma faculté sociale ne me permettant pas d'être quelqu'un avec qui on sympathise naturellement, il fallait que je force les choses, et jusque là, la détermination n'était pas là. Alors pourquoi ? Oui, pourquoi maintenant, là, et avec cet inconnu qui ne semblait pourtant pas à première vue quelqu'un vers on irait ? Je n'en savais pas grand chose. Je ne pouvais l'expliquer, je le regardais, je voyais ses yeux, son air calme et reposé et j'y voyais une certaine paix se dégager de lui. Pas qu'il semblait simple ou paisible, mais sa présence reflétait une aisance attirante. Et je pensais même que son calme imposait un certain apaisement. L'endroit jouait peut-être aussi, c'était agréable à voir et ces endroits se faisaient de plus en plus rares, c'était silencieux et reposant alors on pouvait s'y sentir bien. J'avais donc osé m'avancer dans une nouveauté, dans quelque chose que je ne connaissais pas. Mes dernières rencontres, mes derniers moments de souffrance et cette solitude qui s'attachait plus fortement encore à mon âme abîmée, tout ça constituait malgré tout une avancée, une évolution. Oui, c'était le mot, j'évoluais vers quelque chose – n'étant à mes propres yeux pas quelqu'un – de plus apaisé. Mes désirs d'utopie s'envolaient avec plus d'entrain et bien que toute cette violence que je gardais scellée en moi ressurgissait parfois, j'avais plus d'assurance dans mon existence. Je ne changeais pas du tout au tout, évidemment, simplement je me voyais plus serein face à l'avenir. La destruction chaotique inévitable se voyait engorgée d'un faible dessein d'espoir des plus chaleureux. Il fallait bien en profiter, ne serait-ce qu'un peu. Oui, c'est ça, en profiter un peu, juste un faible instant, une fois au hasard, pour se laisser porter par un vent gratifiant et arrêter une fraction de seconde de chuter lamentablement vers un fond envoûtant.

Alors j'attendais, gêné, impatient aussi, ses diverses réactions. Je ne voulais penser au fait que je puisse être trop abrupt, trop direct, trop maladroit préférant me dire qu'après tout, si nous nous ressemblions un peu ça passerait bien. Et cela passa, il me répondit et s'annonçait en tant que Luke O'Hagan. J'avais parfois l'espérance que les gens précise leurs races, leurs métiers, leurs avis, directement comme ça, et qu'on puisse accepter ou non de converser. Ce serait cruel, et sans surprise, mais ma curiosité tiraillait mes avis logiques. Je retenais alors son nom, et je laissais mon visage se détendre pour lui montrer que j'étais enchanté aussi. J'avais entre-coupé sa réponse par une autre question, bloquant ce léger silence planant. Il n'avait pas eu l'air d'être dérangé par ce dernier, profitant même de ce repos calme et paisible. Plus je m'amusais à le détailler et plus je l'imaginais proche. C'était une sensation étrange, il provoquait en moi un chamboulement, c'était comme si son silence, son regard, sa présence apaisait ce qui était en bataille en moi. Je me sentais plus serein, plus calme, et ça faisait un bien fou de ne pas succomber à la violence tortionnaire qui s'empreignait d'une haine inébranlable.

Il acceptait de me suivre, et alors on commençait à marcher pour sortir de ce cul-de-sac. Il semblait curieux, et moi j'étais simplement étonné. Subjugué par la surprise qu'il accepte de me suivre, on s'était présenté et désormais on allait partager quelque chose. Je me demandais si c'était commun comme situation, ou alors si on était deux exceptions qui s'étaient retrouvées au même endroit au même moment pour justement partager quelque chose. Parfois j'aimais penser que le destin était tout tracé, qu'il nous menait par le bout du nez et qu'il faisait, de temps en temps, bien les choses. Je m'amusais alors à retracer différentes vies, et je revenais doucement sur Terre pour lui en vouloir. Pour haïr et détester ce destin qui m'avait fait traverser des choses trop douloureuses, trop effroyables. Je préférais penser que l'injustice était partout, et que le hasard formait la chance et la malchance.


« On va vers les quartiers pauvres. Il n'y a que là qu'on peut voir le monde. »

Mon regard semblait apprécier même si c'était avec toute la désolation du monde que j'exprimais cette réalité. Pour moi c'était les quartiers pauvres, c'était ça, ce n'était pas le centre-ville ou autre immeubles toujours plus follement haut. Non, ce n'était que fabulation, le monde, c'était dans le misère qu'il se regardait.

« Tu verras, c'est bien mieux que la ville, je vais te montrer un bel endroit. »


Je ne lui dévoilais pas tout. Laissant planer la surprise sur l'endroit vers lequel on se dirigeait. Je comptais l'emmener pas loin d'un pont qui surplombait une sorte de rivière. L'eau était des plus dégueulasses, après tout on serait dans les quartiers pauvres, mais, en laissant l'angle se joindre avec le soleil, toute la ville se reflétait dedans et on pouvait alors voir ses bâtiments délabrés danser et se reformer presque comme s'ils étaient neufs. J'essayais de le rassurer quelque part, me disant qu'il ne connaissait peut-être pas le coin et qu'il serait réticent à le voir. Puis je me dis qu'il le serait probablement encore s'il savait la nature de mon être. Être un hybride sera donc une plaie toute ma vie ?

« Tu es né à Cristalcove ? »


Je m'aventurais alors doucement vers ce sujet si sensible qu'était les vampires, les guardians, et tout ce qui peuplait notre monde et précisément Cristalcove. Je voulais son avis, je voulais savoir avant qu'il ne puisse le découvrir et, comme tous les autres, essayer de perpétuer des années et des années de massacre.

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Luke C. O'Hagan
GuardianGuardian
(#MessageSujet: Re: The same spot ! [Luke&Zéphyr]   Dim 19 Oct - 10:47





The same spot !

Luke
Zéphyr



Ils allaient donc au quartier pauvre ? Un léger sourire étira les lèvres de Luke, alors qu'il ne pensa pas nécessaire de préciser qu'il y habitait. Il n'avait jamais vraiment pris la peine de visiter ce quartier, mais avait plutôt la fâcheuse tendance de botter le derrière de tous les SDF venant lui réclamer des piécettes. Luke, méchant ? Possible. C'était une manière comme une autre de soulager son envie de frapper les gens. Etrangement, les pauvres avaient un visages aimantant facilement le poings du guardian.

Certaines personnes pourraient le qualifier de misanthrope. Ce n'était pas vraiment faux, Luke n'appréciait pas forcément les gens et avait beaucoup de peine à se faire comprendre s'en piquer une crise.. Et un Luke qui pique sa crise, ce n'est pas très joli à voir.

Bref. Judas lui parla de lui montrer un bel endroit… Vraiment ? Il ne voyait pas où il voulait aller.. À part un parc en mauvais état, il n'y avait pas grand chose. Luke haussa les épaules en le suivant, intrigué. Il était toutefois plutôt réticent à l'idée de suivre un parfait inconnu.. Mais il était du genre insouciant, alors il suivit le peintre sans rechigner. Il lui posa alors une question concernant sa naissance. Oui, il était né à Cristalcove, quoiqu'un peu en dehors, dans un orphelinat. Il lui répondit franchement.

- Oui, dans un orphelinat plus précisément. Et toi ?

Luke n'avait pas spécifié qu'il était le fils d'une des animatrices, et non un enfant sans parents. Il n'avait jamais connu son père, mais sa génitrice avait toujours été là pour lui.. Jusqu'à ce qu'elle meurt d'un cancer le jour de ses quinze ans. Le guardian se mordit la lèvre inférieur pour se ramener à l'ordre, et regarda droit devant lui. Serait-il judicieux de changer de discussion ? Il soupira légèrement alors que sa cigarette atterrit rapidement par terre, maintenant consumée.

- Et non, je ne suis pas un orphelin victime de vampires, comme le laisserait penser la réputation de cet orphelinat.

Luke avait dit "cet", pour une bonne raison. Il s'agissait de l'unique orphelinat de Cristalcove, et les rumeurs allaient bon train à son sujet. Il était vrai que la majorité des enfants venant là-bas étaient des victimes d'attaques vampiriques, et le guardian avait donc appris à les hair en conséquence.. Il ne comprit pas le but de spécifier ce genre de détail futile, mais ce qui était dit était dit, il était trop tard pour revenir sur ses paroles.

Ils arrivèrent finalement à l'endroit que Judas avait qualifié de joli. Il s'agissait juste d'une rivière surmontée d'un petit pont. En s'approchant, Luke pu voir que les eaux troublées étaient des plus immondes, et que quelques déchets s'y baignaient. Ce n'était pas très beau à voir, mais il passa outre se détail pour détailler l'endroit. Son oeil critique fit rapidement le tour de tous les mauvais côtés.. Il remarqua soudainement que les bâtiments se reflétaient dans l'eau, ce n'était pas moche à voir.. Pas moche du tout.

- C'est ici, l'endroit que tu voulais me montrer ?


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Zéphyr J. Vinci
HybridHybrid
(#MessageSujet: Re: The same spot ! [Luke&Zéphyr]   Dim 19 Oct - 11:25

Luke C. O'Hagan

&
Zéphyr J. Vinci




❝Share with me ! ❞


Nos pas s'enchaînaient alors que nous marchions l'un à côté de l'autre. Son assurance dans la direction vers laquelle on se dirigeait me laissait alors croire qu'il était déjà venu dans les parages, alors je souriais un peu. Il m'intriguait toujours un peu plus et ça me semblait désormais presque naturel d'étendre ma curiosité. Je gardais malheureusement en tête les possibles réactions qu'il pourrait avoir en apprenant ma nature. Je me demandais s'il était ouvert sur l'appréciation de ces nouvelles races qui faisaient leurs apparitions. Après tout, je ne l'avais pas choisis, et je me haïssais autant, si ce n'était plus, que ces regards de dégoûts que je subissais. J'avais parfois l'impression que tout était de ma faute, de mon propre chef, que j'avais choisis et que le sort s'acharnait sur moi car je devais me repentir de cette faute. Je pensais alors quand je me perdais dans mes réflexions dégoulinantes de dépréciation, que je méritais ce jugement hâtif, ces regards rabaissant, ces insultes. Je soupirais alors sur mes pensées, préférant revenir à cette réalité que je ne voulais pour rien au monde gâcher. C'était effectivement un bon moment, un des rares, même sûrement le premier que je vivais depuis que j'avais pris mon envol indépendant. Jusque là la solitude tiraillait mon existence, je m'étais enfermé encore et encore dans mon petit appartement oppressant, j'avais dessiné sur mes grandes toiles toute une désolation qui affectait mon âme et je m'étais perdu dans des logiques irrationnelles. Cela faisait du bien de m'échapper de cette obscurité constante, je voyais une faible lueur se profiler devant moi, et le regain d'espoir alimentait mon enthousiasme.

La curiosité attisait alors mes paroles, et je me renseignais sur mon nouveau camarade. Luke semblait enclin à me suivre, à discuter, et à partager cet instant. C'était gratifiant de voir que je ne me dirigeais pas vers une allée sans issue, je n'aurais probablement pas supporté un échec. Il retourna la question, et j'allais répondre mais je le surpris en train de reprendre la parole pour détailler ses propos. Je prenais la dernière bouffée de cigarette avant de l'écraser au sol et je comprenais un peu son regard.


« C'est donc ça... »


Ce n'était qu'un soupir presque inaudible, une remarque personnelle. Orphelin comme je l'étais, un regard d'insolence solitaire qu'on pouvait partager. Le détail qu'il ajoutait me donnait bon espoir, il n'avait pas l'air d'avoir vécu quelques aventures malheureuses contre les vampires, alors peut-être que les hybrides ne lui étaient pas insupportables. Je répondais alors à sa curiosité rendue.

« Oui. Je suis orphelin également, j'ai toujours plus ou moins été seul. »


Mon regard s'affaissait alors dans de vieux démons qui ne s'échapperaient jamais de mon être. Je repensais vaguement à mon père, à ses perversités qu'il me faisait subir. Il me dégoûtait, et j'entrais dans cette même idée, ne pouvant jamais enlever cette crasse que je supportais depuis mon enfance. J'avais l'impression de toujours transporter son odeur, sa domination, sa saleté transpirante. Je me détestais pour ça. Et j'évitais de repenser à ma mère, n'ayant en tête que la vision de son squelette armant une chair moisie et nauséabonde dans le coin de cette pièce vide et sombre qui m'avait vu grandir.

Je n'osais me livrer plus que ça, ne voulant pas lui préciser que les Guardians avaient tués mon père à raison, et qu'ils m'avaient ensuite chassés à cause de la moitié de mon sang. De lui avouer que les vampires non plus ne m'acceptaient pas et que ce sang qui coulait en moi m'avait retiré toute liberté, tout bonheur. Je préférais rester silencieux et profiter de cet endroit magnifique dont on arrivait enfin.


« Oui, c'est ici. »


On montait sur le pont, et je m'accoudais au rebord pour lui montrer du doigt ce qu'il fallait regarder bien qu'il semblait déjà l'avoir repéré. Il devait faire de belles photos, il avait l'oeil artistique.

« Tu peux voir les bâtiments en ruines se refléter dans l'eau. »


Je souriais comme un gamin fier de sa trouvaille, puis je forçais le geste en précisant ce que je préférais ici.

« Si tu regardes bien, avec le mouvement de l'eau, parfois tu peux croire que les reflets montrent les bâtiments neufs et reconstruits. »

Je riais un peu en reculant légèrement. Je fermais les yeux et laissant le vent, plus fort ici, faire virevolter mes cheveux. C'était agréable de le sentir sur ma peau. Puis je rapprochais du bord à nouveau, jetant mon regard sur nos deux reflets.

« Tu vois, quand je regarde mon reflet ici, je me dis que, comme ses bâtiments, j'apparais comme reconstruit, comme nouveau. »


Je laissais une sorte de note plus triste se dissimuler dans mes mots avant même de m'en rendre compte. Surpris de cette aisance, je me reprenais.

« Tu fais de la photo pour vivre ? »


La curiosité me permit de me rattraper à autre chose bien que plus le temps défilait plus je me sentais malhonnête de ne pas lui dire que j'étais un hybride, torturé par ces préjugés qui sont devenus, en plus d'être angoissant, habituels.

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Luke C. O'Hagan
GuardianGuardian
(#MessageSujet: Re: The same spot ! [Luke&Zéphyr]   Dim 19 Oct - 19:23





The same spot !

Luke
Zéphyr




Alors c'était donc ça. Judas était également orphelin, et c'était bel et bien l'endroit où il désirait emmener Luke. Il sourit en s'approchant de l'eau, regardant les reflets. Le peintre prétendait que les bâtiments avaient l'air presque neufs grâce à ces derniers, et le guardian fixa la rivière pour essayer d'admirer ce phénomène. L'eau se mouvait lentement au grès du vent, alors que le reflet des immeubles sembla se brouiller, les fissures et autres marques de vieillesse paraissaient disparaître un instant. Il sourit, ce n'était pas faux, et c'était plutôt beau et étonnant à observer. Luke s'arma de son appareil photo et tenta de prendre un cliché de ce phénomène ; il regarda si sa photo était bonne, et oui, elle l'était. On voyait bien les reflets dans l'eau, c'était beau.

- Moment immortalisé.

Luke sourit avant de montrer la photo prise à Judas. Il rangea ensuite son appareil en méditant sur ce qu'il venait de dire. Sembler reconstruit et nouveau ? C'était un peu utopique de penser à ça, on ne se reconstruisait jamais vraiment, mais on bâtissait les murs qu'il nous fallait pour pouvoir endurer ses blessures et les nouvelles à venir. Du moins, c'était comme ça que le guardian pensait. Peut-être était-il pessimiste, mais il préférait ne rien attendre des gens plutôt que de finir déçu.

Judas rit, et Luke n'aurait pu dire si ce rire était véritable ou juste sorti sous l'effet de la gêne ou d'un autre sentiment de ce genre là. Il soupira, alors que son interlocuteur continua de lui poser des questions. Vivait-il de la photo ? Non, pas vraiment. La photographie était surtout un passe-temps, et il s'était vite fait une renommée dans le milieu.. Il arrondissait ses fins de mois grâce à ça et ses activités de guardian, mais les frais et les dettes s'accumulaient, l'obligeant à vivre dans le quartier pauvre. Les réparations de son arme, de sa moto, son loyer, la nourriture, les vêtements, les frais médicaux.. Mine de rien, ça coutait cher une fois assemblé.

- Non, j'ai un autre métier à côté. J'aurai aimé vivre de la photographie par contre..

Luke tourna son regard vers celui, étrangement rouge, de Judas. Il l'observa un instant, essayant de percer la carapace et le voile de mystère dont il s'était entouré, en vain. Il lui retourna sa question.

- Tu vis de tes peintures ?

Il ne se rappelait pas avoir déjà posé les yeux sur une de ses peintures. Ou peut-être en avait-il déjà vu une sans forcément se souvenir de la signature ? C'était extrêmement plausible, surtout que Luke avait tendance à avoir une mémoire plutôt sélective…


- Tu vis dans le quartier, pour connaître un tel lieu ?

Le noiraud ne se savait pas aussi curieux. Peut-être était-ce seulement pour rendre la politesse, ou passer le temps. Ou peut-être était-ce sincèrement pour faire connaissance ? Il ne saurait le dire.. Mais Judas avait quelque chose de reposant, et Luke appréciait sa présence, ses mots réfléchis..


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Zéphyr J. Vinci
HybridHybrid
(#MessageSujet: Re: The same spot ! [Luke&Zéphyr]   Mar 21 Oct - 4:30

Luke C. O'Hagan

&
Zéphyr J. Vinci




❝Listen to me ! ❞


Je me sens alors d'un coup en sécurité, comme submergé par un idéalisme que j'avais jusque là que rêvé. Un lien qui se forme, lentement, mais je pouvais déjà distinguer une certaine confiance à offrir à mon interlocuteur. Luke n'avait pas rechigné à me suivre, et c'était bien la première fois que je me retrouvais aussi longtemps avec quelqu'un pour partager quelque chose. Surtout quelque chose d'aussi intime que mes peintures. Je le regardais alors, inlassablement, ne me défaisant jamais de son regard qui avait tant du mien. Quelques interrogations me traversaient tout de même l'esprit et alors je me demandais à quoi il pensait. Avait-il les mêmes craintes que moi ? La même maladresse liée à une envie irrépressible de ne plus être seul ? Ou alors préférait-il ne pas se poser de questions et simplement vivre le moment comme il venait ? Moi je me demandais ce que je devais faire, toujours maladroit, toujours si peu à l'aise avec ce genre de choses. Je lui montrais mon endroit fétiche, et je pensais que ça suffirait à montrer mon inclinaison amicale. C'était tout bête mais j'espérais avoir assez de partage et assez de simplicité pour que le moment venu je puisse lui dire ma nature d'hybride. Juste pour pas le voir fuir, juste pour voir si quelqu'un comme moi pouvait aussi prétendre à l'amitié. Je m'étais toujours refusé ce bonheur, toujours j'avais pensé d'abord à cette haine, à cette souffrance, et mes tentatives n'étaient pas si nombreuses, trop timide, trop effrayé pour avoir la témérité de subir l'échec. Alors j'avais fais une exception et j'en étais plus que ravi pour l'instant.

Je l'observais prendre la photo et je ne pus me réjouir de cet acte. Il approuvait l'intérêt et la beauté de cet endroit bien caché. Il n'y avait de bien précieux autour de nous, non, vraiment pas, mais le reflet marquait un contraste magnifique. J'adorais cette idée, j'adorais voir flotter ces bâtiments et surtout j'aimais ce que ça imageait. J'avais toujours l'espoir d'apparaître comme meilleur que je ne l'étais. Me haïssant pour ma nature, pour mes actes, pour mon passé et même pour mes envies futures, je ne voulais pas qu'on me remarque pour ça. Je préférais qu'on puisse réussir à voir plus que ça et c'était ce qui m'avait plu dans cet endroit. Je me souviens la première fois que j'avais remarqué ces reflets. Je me baladais, péniblement et irrévocablement seul dans les rues du quartier pauvre. Trop pauvre pour partager ma petite richesse avec les clochards, j'esquivais leurs visions pour ne pas subir la sensation désagréable d'être impuissant face à leurs misères. Je voulais changer ça mais je n'y pouvais rien. Ainsi mes détours m'avaient amenés ici, sur ce pont, et je m'étais arrêté pour fumer une clope. J'avais tout d'abord été désolé et dégoûté par les effluves nauséabondes de cette eau envahit de saleté. Je perdais mes yeux dedans comme pour visualiser ce qu'il pouvait s'y trouver au fond puis mes yeux se détournaient et mon regard fit attention aux reflets. Quelques vagues forcées par le vent faisait trembler les bâtiments flottants et ma première pensée fut de me dire que je ne pensais avoir vu de si beaux immeubles dans le coin. Un peu perdu j'imaginais d'abord que le quartier populaire jumelé au nôtre s'élevait assez pour apparaître ici. Puis non, je relevais la tête et je tombais face à ces ruines délabrées. Quelques regards s'enchaînaient entre l'eau et la réalité puis je souriais, amoureux de la métaphore et de la transformation. J'avais alors gardé un bon souvenir de cet instant et je m'étais promis de le montrer à quelqu'un, un jour. Chose qui était désormais faites.

Il me répondait toujours sans développer plus que ça. Ça donnait l'impression qu'il cachait son existence parce que quelque chose le torturait, comme si il faisait quelques activités peu recommandables. Je n'osais pas alors étaler ma curiosité, me disant qu'il en parlerait quand il en aurait envie. Il me retournait la question, et je fus assez content de voir qu'il s'intéressait aussi. Alors je développais moi, un peu plus, cherchant à voir jusqu'où il était curieux.


« J'essaye d'en vivre, oui. Je ne suis doué dans rien d'autres à vrai dire, je n'ai pas eu de scolarité à proprement dite et j'ai vite été seul. »


Les guardians qui constituaient l'arbre généalogique de mon paternel ne m'avaient eu que tard dans leurs rangs et m'avaient assez rapidement éjectés. Aujourd'hui ils étaient morts, je les avais tous massacrés. Parfois je le regrettais, je regrettais cette haine qui m'arrachait à la raison et m'élançait dans des frasques de violence. Malgré tout, ils le méritaient, et c'était ce qui me réconfortait.

« Enfin, ce n'est pas facile mais je m'accroche. Et je me plains pas, c'est tout ce que j'ai envie de faire de toute manière. »


Je souriais un peu, car il était vrai que je ne me voyais pas dans quelque chose d'autre que l'art. Alors Luke se montrait un peu plus dans la conversation et le moment, et j'appréciais énormément l'échange.

« Oui, c'est tout ce que je peux me permettre. Puis c'est ici que le monde est véritable, je trouverais ça trop hypocrite de vivre dans un décor de carte postale alors que c'est là, dans les ruines, que le peuple est le plus honnête. »


C'était ma vision des choses. Ici, les gens volaient, violentaient, arrachaient, détruisaient, et c'était ça, ma vision des gens, de l'humanité. Alors je les trouvais honnête, en phase avec ce qu'ils étaient et pas cachés derrière une façade de bienséance.

« Tu habites où toi ? »


Je rendais la politesse et ça m'intéressait de savoir, je voulais savoir ce qu'il faisait là aussi. Il avait l'air d'avoir eu une enfance malheureuse, difficile du moins, alors il devait pas être insensible à tout ce qui se passait ici.

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Luke C. O'Hagan
GuardianGuardian
(#MessageSujet: Re: The same spot ! [Luke&Zéphyr]   Mer 22 Oct - 15:13





The same spot !

Luke
Zéphyr






Il était de plus en plus rare de voir des gens n'ayant pas fait d'études, à proprement parlé. La majorité des personnes désiraient être au dessus de la norme en apprenant tout un tas de choses inutiles pour, ensuite, pouvoir accéder à des métiers bien placés, ou pouvoir satisfaire leur égo surdimensionné.. C'était à se demander si ces gens-là passaient encore les portes avec leurs chevilles gonflant comme des ballons de baudruche.. Mais un jour, ils allaient tomber de leur piédestal et leurs chevilles éclateraient, ne laissant d'eux que des hommes détruits. Bref, ce n'était pas le moment de penser à des idioties pareilles, puisque Judas continuait de parler. Sa langue semblait se délier au fur et à mesure, et il parlait presque pour deux, puisque Luke ne répondit pas toujours à ses affirmations. Il se contentait souvent d'un hochement de tête ou d'une onomatopée.. Ce n'était pas que la conversation ne l'intéressait pas, loin de là cette idée, mais plutôt qu'il ne savait pas quoi dire de plus qu'un petit ; je vois.

Luke sourit lorsque Judas lui affirma qu'il ne se plaignait pas et qu'il était plus ou moins heureux comme ça. Les gens qui se plaignaient n'était pas vraiment la tasse de thé du guardian. Les petites natures, il les mangeait au déjeuner.

Cependant, il haussa légèrement les sourcils lorsque son interlocuteur exprima son idée, sa façon de pensée concernant les bas quartiers ; des gens honnêtes. Ce n'était pas faux, et le ténébreux était plutôt d'accord avec ça. Plus les gens sont riches, plus leur hypocrisie pouvait atteindre des sommets… Alors que les gens pauvres sont plus directs. S'ils veulent quelque chose, ils volent. S'ils n'aiment pas quelqu'un, ils tuent… Même s'il y avait des exceptions, évidemment..

- J'habite dans le quartier pauvre, comme toi.

Luke soupira. Sa situation ne lui plaisait pas, il vivait avec un véritable cirque indien au dessus de son appartement ! Ses voisins du dessus faisaient toujours un bruit du diable, il s'amusait donc à les appeler éléphants, ou cirque indien justement… Le guardian aurait aimé vivre autrement que dans la pauvreté, mais il ne recevait pas des collections entière de billet, et arrivait tout juste à boucler ses fins de mois… Surtout que la bouffe pour chat, c'était pas donné.  

Tous les humains possédaient des désirs, mais il se retrouvaient souvent contraints à en réprimer la plupart. Parfois pour une question de moralité, ou juste pour mieux s'intégrer dans la norme de la société. Parfois car ils n'avaient tout simplement pas le choix. Ou du moins, ils s'en convainquaient.. Car si Luke travaillait plus, ou décidait de mettre de côté sa rancune des vampires pour devenir milicien, il gagnerait plus d'argent…

- Je te montrerai mon appart' si tu veux..

Il ne savait pas vraiment pourquoi il avait sorti ça. Peut-être voulait-il vraiment tisser des liens avec Judas ? Ou juste rentrer chez lui ? Non, ce deuxième cas de figure ne lui ressemblait pas. Ou pas.

Le noiraud regarda un instant au fond de la rivière, légèrement dégoûté.. Quand on laissait de côté les reflets de l'eau, il ne restait que des détritus et de la saleté. Un peu comme Cendrillon qui se vêtissait d'une magnifique robe pour aller rejoindre son prince, mais qui ne pouvait dissimuler sa pauvreté et son bas niveau social infiniment. Le sortilège disparaissait petit à petit. Luke grogna légèrement de sa stupidité, quel idiot.

- Tu habites seul ?

Autant essayer de discuter un peu, non ?


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Zéphyr J. Vinci
HybridHybrid
(#MessageSujet: Re: The same spot ! [Luke&Zéphyr]   Mer 22 Oct - 18:00

Luke C. O'Hagan

&
Zéphyr J. Vinci




❝Listen to me ! ❞


Je me retrouvais plus bavard que je n'aurais pu l'imaginer. Je ne savais pas réellement pourquoi ou comment cela se faisait, mais je me dévoilais un peu. Luke avait ce silence réconfortant, son regard sur moi me donne une sorte d'apaisement qui inspirait une certaine confiance. C'était rare, et je me détendais alors dans ce moment qu'on partageait. Je n'avais encore jamais vraiment rencontré quelqu'un, ici, à Cristalcove. Ce n'était pas que je n'étais jamais tombé sur des personnes avec qui j'aurais pu tisser un lien, simplement je ne m'étais jamais ouvert à eux. Probablement pas prêt à créer quelque chose, trop enfermé dans ma solitude pour espérer quoique ce soit d'un autre être-vivant, j'avais erré jusque là, un peu seul, traquant les quelques voyous qui se trouvaient sur ma route. Oui, c'était mon quotidien, il sombrait un peu dans une douleur constante et avait un arrière goût désagréable de vengeance mais c'était comme ça. J'étais issu de la haine de deux races alors que pouvais-je espérer d'autre de la vie ? Après tout, je ne méritais peut-être pas autre chose que cette mélasse nauséabonde dans laquelle je m'empêtrais. C'était parfois ces idées là qui prenaient le dessus et je me retrouvais détruis par mes propres pensées haineuses. J'avais ces besoins de néant, de destruction et il était parfois plus sain pour le reste du monde comme pour moi que je m'enferme dans cette solitude. De nature plutôt gentille, je me savais aimable et apte à l'altruisme. Malgré tout, c'était toujours mes côtés les plus obscurs qui remontaient à la surface, qui détruisaient tout espoirs d'avancée. Je ne faisais que reculer, ou du sur place à la rigueur, et mon existence se voyait alors tourmentée par mes propres démons qui ne fuyaient devant rien. Je soulageais mon âme lorsque je plantais ma lame dans quelques déchets de l'humanité mais autrement il n'existait que la peinture pour m'apaiser ne serait-ce qu'un peu.

Luke avait l'air loin de tout ça. Il semblait subir sa souffrance et la garder enfouie en lui. Lorsque je le regardais j'avais parfois envie de le prendre dans mes bras, comme pour lui dire que tout irait bien, qu'il pouvait tout lâcher, qu'il pouvait hurler s'il le voulait. C'était tout bête, mais c'était comme ça que je voyais une amitié aussi. Un côté qui parfois me manquait, et ça reflétait alors mes propres désirs. Oui, peut-être que j'avais envie de hurler et que le monde puisse bien l'entendre, qu'il puisse s'arrêter un instant et voir à quel point je souffrais. Je revenais alors au présent lorsqu'il me répondit. Il vivait donc aussi au quartier pauvre, son soupire soulevait alors son mécontentement à tout ça et je ne pouvais que le comprendre. Ce n'était pas l'idéal il fallait bien l'avouer. Les gangs, la drogue, la violence, la misère et le sans-gêne constant des gens qui vivaient pour eux. C'était l'humanité dans toute sa splendeur et ce n'était pas agréable à voir, vraiment pas. Malgré tout je riais un peu, comme compatissant, la suite m'étonnait un peu plus alors je riais un peu plus.


« Avec plaisir. Pareil pour le mien, enfin, un coup d'oeil suffit pour en faire le tour mais bon, c'est toujours ça. »


Je lui souriais, et alors me venait une idée qui m'amusait un peu plus. Je me retournais pour être dos à l'eau, et fermant les yeux, essuyant le vent sur mon visage, je reprenais sur un ton de promesse.

« Si jamais je deviens célèbre avec mes peintures, assez pour déménager, je t'inviterais chez moi et tu pourras y rester autant que tu veux. »


Je riais un peu alors. Laissant à nouveau le vent balayer mon visage et mes cheveux. Il faisait parfois bon vivre dans le coin, surtout accompagné.

« Oui, de toute manière, personne d'autre peut vivre avec moi dans un si petit espace. Et toi ? »


Je tournais la tête pour le regarder alors. Me demandant bien si quelqu'un partageait sa vie, il pouvait être une note d'espoir pour moi, un exemple. Puis d'un coup, sans vraiment comprendre pourquoi, ne pouvant continuer à parler sans être honnête, il fallait que ça sorte. Mon regard devenait plus sombre, plus sérieux, et je gardais les yeux sur lui, le ton morose et posé.

« Personne n'habiterait avec un hybride. »


Je concluais sur ça, j'attendais de voir sa réaction. Il fallait que je sois honnête et c'était l'occasion parfaite pour l'être.  

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Luke C. O'Hagan
GuardianGuardian
(#MessageSujet: Re: The same spot ! [Luke&Zéphyr]   Mer 22 Oct - 18:33





The same spot !

Luke
Zéphyr




Luke avait toujours vécu seul, ou presque. Disons plutôt qu'il a développé cette envie de solitude à la mort de sa mère, il a d'ailleurs mis dix bonnes années pour s'en remettre, et il s'agit encore d'un sujet sensible. Concernant les colocataires, il ne voulait pas trop y penser, même s'il s'agissait d'une alternative à ses problèmes d'argent. Il pourrait emménager ailleurs avec un colocataire, et ainsi le loyer serait séparé en deux… Plus qu'à savoir avec qui le faire, cependant.

- Je vis tout seul aussi.. Enfin non, j'ai un chat.

Chaton qu'il avait recueilli dans la rue. Il était seul, maigre et blessé… Et le grand ours mal léché qu'était Luke ne pouvait pas résister aux choses mignonnes.. Et par extension aux chatons. Il l'avait donc ramassé et la boule de poils vivait avec lui, mais ne possédait pas encore de prénom puisque son maître n'arrivait jamais à se décider entre plusieurs choix.

Judas se tourna alors pour regarder Luke, et ses lèvres prononcèrent une phrase que le guardian ne comprit pas tout de suite, trop plongé dans ses souvenirs. Il fit un tris dans ce qu'il venait d'entendre, et en ressortit le mot hybride. C'était donc ça, cet éclat de tristesse qui brillait dans le regard du peintre ? Le fait d'être un hybride l'attristait-il ? C'était sûrement le cas. La plupart des gens haïssaient les hybrides juste car ils possédaient un sang venant d'une race détestée… Mais ce que ces gens oubliaient, c'était que les hybrides étaient le fruit de l'amour entre un vampire et un humain. Ce serait ça contre ça qu'ils devraient diriger leur haine, et non contre les pauvres bébés n'ayant rien demandé à personne. Mais si Luke se basait sur cette pensée, pourquoi ne pas non plus faire confiance aux vampires, qui n'avaient également rien demandé à personne ? La plupart des vampires ne l'étaient pas par choix…

Ce par quoi le noiraud répondrait un "c'est compliqué". Il n'arrivait pas à clairement définir sa haine… Elle était née dans l'orphelinat et avait été attisée par la colère, la tristesse et la rancune que portaient les enfants nouvellement orphelins qui venaient à l'orphelinat de Cristalcove.

- Tsk ! Je ne suis pas personne.

Il soupira, et sa main se leva d'elle même pour s'aplatir sur les cheveux noirs de Judas, les caressant gentiment. Il agissait avec lui comme il l'aurait fait avec un enfant en fait.. Son instinct protecteur avait tendance à beaucoup ressortir ces derniers temps, malheureusement.

- Je ne déteste pas les hybrides, je ne risque pas de te trouer la caboche.

En parlant de trouer la caboche, Luke ne lui avait toujours pas dit qu'il était un guardian. Il n'en voyait pas vraiment l'intérêt en fait… Mais Judas s'était confessé à lui en lui avouant sa nature, alors peut-être devrait-il le faire aussi ? Quoiqu'il en soit, Luke ne demanda pas plus de choses au peintre, concernant le fait qu'il soit un hybride. Bien sûr, il était intrigué par le croisement de gênes d'un vampire et d'un humain… Mais mieux valait ne pas retourner le couteau dans la plaie.


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